Déchire ton niqab

Par Karim Akouche

Sors tes ciseaux. Déchire ton niqab. Montre ton visage. Tu ne peux pas le cacher éternellement. Ta peau est livide. Elle a besoin de soleil. Tes yeux ont besoin de lumière. Tes poumons ont besoin d’oxygène. La plante ne s’épanouit pas dans l’obscurité. Comme toi, pour vivre, elle doit respirer par tous ses pores.

Je te plains. Tu vis l’enfer. Quand c’est la canicule, tu étouffes. Tu ne peux pas porter ce linceul. C’est injuste. C’est criminel. Libère-toi. Prends des risques. Affronte tes chefs. Accuse-les. Traîne-les devant le tribunal du bon sens. Pour une fois, décide de ton geste. Ne me dis pas que tu es libre d’être soumise. Ne me déçois pas. Ne fais pas comme ces femmes liges qui revendiquent un oxymore. Leur féminisme « islamique » est une aberration.

Sors tes ciseaux. Découpe ton niqab en morceaux. Jette-le dans le feu. Renais sous un autre habit qui te mettra en valeur. Un visage, c’est important. Ton visage, c’est ton identité. Ton identité, c’est toi. Toi, tu n’es pas les autres. Toi, tu n’es pas le collectif. Appartenir à une communauté ne suffit pas pour exister. Tu es singulière. Tu as tes propres prunelles. Tu as ta propre chevelure. Tu as ton propre teint. Tu as ton propre souffle.

C’est depuis l’enfance qu’on t’a mise dans une prison ambulante. Tu regardes ta vie se faner derrière un grillage. On t’a cloué les ailes. On a fait de toi un oiseau en cage. On t’a habituée à l’obéissance. On t’a imposé des bornes. On a limité tes mouvements. On a tracé tes frontières. On a façonné ta conscience. On a soupesé tes neurones. On a conçu ton vocabulaire. Le seul mot qu’on t’ait appris à répéter, c’est « oui ».

Tu acquiesces tout le temps. Tu dis oui au père. Tu dis oui au fils. Tu dis oui au mari. Tu dis oui aux traditions. Tu dis oui à la religion. Tu dis oui au prophète. Tu dis oui aux caïds. Tu dis oui aux corvées. Tu dis oui à la peur. Tu dis oui à la torture. Tu dis oui à la pauvreté. Tu dis oui à la douleur.

Tu dis oui à tout. Sauf à toi. Tu t’oublies dans un coin. Tu dis non à ta chair. Tu dis non à ton esprit. Tu dis non à ta liberté. Tu dis non à tes rêves. Tu dis non à l’espoir.

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